Souvent cruel, très excessif dans sa prose, Léon Bloy (1846-1917) a passé sa vie à cracher sur autrui. Il deviendra une sorte d'écrivain catholique maudit, se ventant d'avoir au cours de sa jeunesse sorti le couteau pour un différend, terrassé par les mots tel ou tel médiocre...
"Tout ce qui n'est pas exclusivement, éperdument catholique n'a d'autre droit que celui de se taire" (Léon Bloy, Journal, I)
On l'aura compris, Léon Bloy est un apôtre encombrant de l'Eglise, dont le verbe avait pourtant bien de quoi séduire. Parmi les tortures qu'il inflige à ses ennemis (mépris, insulte, calomnie), il en est une qu'il assénait avec un plaisir particulier, contre les protestants:
"Le massacre de la Saint-Barthélemy est une suite de la Liturgie, une sorte d'événement liturgique" (Journal, I, 24 août 1905)
ou encore:
"Le contact protestant me devient chaque jour plus odieux, me fait un peu plus sentir mon exil, ma captivité [Léon Bloy vivait alors en pays protestant]. Je serais cent fois mieux au milieu des Juifs, des mahométans ou des idolâtres. Ceux-là, du moins, représentent, chacun à sa manière, une pétition quelconque de l'Absolu. Mais la médiocrité protestante, la laideur, la fadeur, l'insipidité, la moisissure, l'ignorance pédantesque et la sottise empanachée du protestantisme, quelle horrible dégoûtation!" (Journal, I)
et aussi:
"Sans le pouvoir de consacrer, de lier et de délier, le Christianisme s'évanouit pour faire place, dans les étables de Luther et de Calvin, à un rationnalisme abject, certainement inférieur à l'athéisme" (Journal, I)
***
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