Les symboles disséminés dans l'Ancien Testament sont innombrables. De gros dictionnaires existent, qui recensent point par point les symboles bibliques. Souvent, les explications varient, et la symbolique semble fluctuer quelque peu selon les spécialistes. Il ne s'agit pas d'une science exacte. Dans leur dernier ouvrage, La racine d'Habaquq, Gaëtan Poisson et P-A Bizien se sont attachés à donner quelques clés au lecteur curieux, sans prétendre être exhaustifs.
Qui a le droit de commenter la Bible?
C'est un point sur lequel les exégètes sont rarement d'accord. Les auteurs de La racine d'Habaquq nous avertissent qu'il serait dangereux de jouer aux scribes et aux pharisiens, précisément lorsqu'il s'agit de commenter la Bible:
« En vérité, personne ne peut délibérer du sens de tel ou tel verset, en se basant sur ses reliefs académiques ; une affirmation sur les textes sacrés est vraie ou fausse en soi, qu’elle soit émise par le plus grand herméneute ou le plus bas des Anawims. Aurait-il fallu écarter Jésus de son magistère parce qu’il était charpentier, ou saint Pierre parce qu’il était simple pêcheur ? » (La racine d’Habaquq, pp. 12-13)
Comment interpréter le silence de Dieu dans la Bible? Réponse en Habacuc
« Dieu est là et son silence est signe de patience ».
En clair, selon nos auteurs, il y a toujours un intervalle, un "instant désertique" avant le secours de Dieu. Les tragédies que nous vivons nous incitent à réclamer immédiatement les signes de Dieu. En fait, beaucoup d’hommes ne survivent pas à cet instant désertique, s’affolent, s’excitent, déchirent leur vêture et courent nus entre les dunes, jusqu’à s’épuiser. Il faut savoir habiter le désert, s’abriter des rayons mortels du soleil, cheminer lentement, méthodiquement.
Le silence de Dieu est une marque de patience à notre égard. Il est une incitation à l'action. Mais Dieu finit toujours par répondre, cependant selon ses voies propres.
Pourquoi tant de guerres dans l'Ancien Testament?
« Habaquq induit que la violence du langage divin est source de création »
Ce que symbolisent souvent les récits sanglants dans la Bible, c'est le combat intérieur acharné qui est requi en soi. Ce sont aussi, en figure, les innombrables embuches desquelles il nous faudra triompher au cours de la vie.
Dans la Bible, l’anéantissement de l’ennemi ne vise pas tant les personnes que leurs bases, leurs refuges. Dieu déracine la source du mal, les ennemis se convertiront. La lecture du livre d'Habaquq est fertile sur ce point.
L’arc de Dieu symbolise l’alliance, contractée entre Dieu et l’humanité après le Déluge.
Selon Origène, les montagnes mentionnées dans la Bible figurent les livres de la Loi et les prophètes.
L'eau peut symboliser la vie, mais aussi la mort (Déluge, Jésus marchant sur les vagues comme sur la mort, eau transformée en vin à Cana...)

Bien d'autres symboles sont abordés dans La racine d'Habaquq, de Gaëtan Poisson et Pierre-André Bizien. L'Afrique, le léopard, les fleuves, etc.
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