Les preuves scientifiques du Coran - un débat dans l'Islam

 

D’après certains apologètes musulmans, le Coran évoquerait certaines vérités scientifiques qui étaient totalement inconnues au Moyen Âge.

 

Dès lors, l’Islam ne pourrait qu’être la véritable religion de Dieu. Il serait alors fort tentant de conclure avec le docteur Bucaille après sa conversion: “Je ne vois pas là d’autre explication”.

 

Parmi les vérités scientifiques que révélerait le Coran, on avance souvent:

 

-Le développement embryonnaire (Coran XXIII, 12-14)

 

-La formation des montagnes (Coran LXXVIII, 6)

 

-L’origine de l’Univers (Coran XLI, 11)

 

-La structure du cerveau (Coran XCVI, 15-16) 

 

-Plus anecdotique, le système de communication des fourmis (Coran, XXVII, 18), et la réfutation de l’existentialisme de Sartre (Coran III, 191)

 

-d’autres ajoutent le cycle de l’eau et des mers, la théorie de la relativité...

 

Parallèlement, des chrétiens affirment, versets à l’appui, que la Bible contient des vérités scientifiques semblables. Ce type d’affirmations, parfois tonitruantes, relève de ce qu’on appelle le “concordisme”. Dans la théologie chrétienne, cette attitude intellectuelle est très sévèrement jugée, la plupart du temps. Il suffit de considérer le sort du père Teilhard de Chardin, éminent paléontologue et grand apologète catholique. 

 

 

Une exégèse complexe

 

 

Plus largement, ce type d’apologétique a été catégorisé comme polémique, et précisément non scientifique. Le fait de forcer l’interprétation de versets pour les faire coïncider avec des découvertes scientifiques modernes est certes une tentation universelle; l’Occident chrétien le juge très sévèrement, à l’exception de groupuscules protestants ou d’intellectuels catholiques isolés.

 

Dans l’islam, le recul vis-à-vis des textes sacrés n’est pas le même; tout le Coran est qualifié parole de Dieu, sans trace d’erreur possible (bien que des exégètes musulmans actuels aient rompu avec cette tradition). Si la moindre erreur textuelle était admise, tout l’édifice risquerait de s’effondrer, tandis que chez les chrétiens et les juifs, la Bible est reconnue inspirée par Dieu, donc sainte, mais écrite par des hommes, dès lors forcément porteuse d’imprécisions et d’erreurs humaines: ceci permet une certaine sérénité, et de laisser une grande liberté aux sciences exégétiques et à la méthode historico-critique pour enrichir les savoirs sous-jacents relatifs à la Bible. Beaucoup d’exégètes espèrent qu’une telle attitude sera prochainement possible dans le monde musulman. 

 

Le grand reproche traditionnellement porté contre l’apologétique musulmane, celle qui évoque les miracles scientifiques du Coran, réside en ceci : les descriptions scientifiques alléguées dans le texte sont en général plutôt vagues et énoncées de manière poétique, ce qui laisserait naturellement la marge d’une interprétation scientifique très large pour coller à des découvertes modernes. En somme, la critique fréquente à l’encontre du concordisme musulman, c’est de correspondre à l’adage: “Pour ne jamais se tromper, il suffit d’être vague au degré requis”. 

 

 

Des contradictions reprochées

 

 

D’autres critiques, plus sévères, affirment qu’il existe un certain nombre de contradictions factuelles dans le Coran, telles que: 

 

- sourate 8 verset 65: 20 musulmans endurants sont capables de vaincre 200 hommes. Sourate 8 verset 66: il faut 100 musulmans endurants pour vaincre 200 hommes. 

 

-Le personnage coranique de Marie, confusion de deux personnages distincts de la Bible, appelés Marie: la sœur d’Aaron, et la mère de Jésus. 

 

Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’exégèse dans le monde musulman s’avère passionnant. Si la foi en Dieu est suffisamment solide, alors le croyant comprend que quoi que l’on écrive ou que l’on dise, que cela plaise ou non, la Vérité ne bougera pas d’un iota. Une totale sérénité peut s’ensuivre, et la recherche avancer.  

 


 

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