Louis-Georges Tin (CRAN) reconnaît l'existence du racisme anti-blanc en France

 

Le 22 novembre 2017, sur le plateau de la chaîne LCI, Louis-Georges Tin a reconnu que le racisme anti-blanc existait bel et bien en France. Le président du Conseil des associations noires de France débattait face au juriste Philippe Bilger. L'atmosphère était courtoise mais les deux invités tenaient un discours quelque peu différent sur la question. 

Louis-Georges Tin réagissait à la polémique suscitée par les ateliers non-blancs organisés par le syndicat SUD-éducation 93; quelque peu gêné par le problème grave que pose leur tenue, il a concédé: 

 

"En fait, je comprends qu'on s'interroge là-dessus" (Louis-Georges Tin, LCI, 22 novembre 2017)

 

Cependant, il a dans le même souffle tenté de justifier cette nouvelle pratique, pour le moins inquiétante: les ateliers pour femmes violées existent bien, par exemple, donc le principe de non-mixité des ateliers n'aurait rien de nouveau. L'argument est erroné: il s'agit-là d'une question de sexe et non de race, et le fait de séparer les toilettes femmes des toilettes d'hommes n'a rien à voir avec de la ségrégation, comme ce serait le cas si des toilettes pour "noirs" jouxtaient des toilettes pour "blancs".

 

Louis-Georges Tin a par ailleurs excusé ces stages pour non-blancs (appelés par euphémisme dilatoire "non-mixtes") en déclarant que la non-mixité existait déjà dans les hautes sphères de la société française. Il s'agit-là d'un sophisme étrange: cette non-mixité des hautes sphères du pouvoir est relative, tendancielle, mais certainement pas officielle et programmatique (comme c'est par contre le cas pour les ateliers réservés aux non-blancs). L'argumentaire de Louis-Georges Tin était donc défaillant, malgré la qualité intellectuelle incontestable de la personne.

 

Louis-Georges Tin a par ailleurs proposé une distinction conceptuelle intéressante en affirmant que le racisme anti-blanc existe bel et bien, mais que les blancs ne sont pas discriminés. Cette nuance aide à la clarification d'un débat qui fait rage depuis quelques années. En substance, il a reconnu courageusement ce que depuis longtemps les acteurs du monde associatif de gauche refusaient de reconnaître clairement:

 

"Si je dis à quelqu'un "sale blanc", c'est évidemment du racisme anti-blanc" (Louis-Georges Tin, CRAN, LCI, 22 novembre 2017) 

 

Son expertise sur les fameux ateliers réservés aux non-blancs était plus frileuse, ce que Philippe Bilger n'a pas manqué de souligner: le juriste a mis en garde contre les retombées psychologiques graves d'un tel type d'initiative. La "focalisation sur le seul univers de la douleur" est dangereuse et contre-productive. Il importe de veiller à ce que les personnes ne "s'enferment pas en victimes, réelles ou prétendues". 

 

Le phénomène de victimisation est une réalité sociologique qui interroge la conscience collective. Il entraîne souvent des résultats contre-productifs, comme du mépris. Un concept aussi idiot que le "racisme d'Etat" impliquerait que tous les fonctionnaires de couleur sont les dindons de la farce, les propres acteurs de leur aliénation... voire des "collabos", si les porteurs d'un tel concept osaient aller au bout de leurs prémisses. 

 

Enfin, cette pratique des ateliers non-mixtes, si elle se répandait, finirait par se retourner contre les minorités visibles: des blancs organiseraient à leur tour des ateliers non-mixtes sur une base programmatique et officielle. L'apartheid, le "développement séparé", serait alors bien proche. 

 

La lutte contre tous les racismes est nécessaires, sans qu'il faille établir une hiérarchie des victimes. 

 

Pierre-André Bizien

 

 

Pour aller plus loin

 

CRAN 

 

Philippe Bilger

 

Mrap

 

 

 


 

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