Quand le fanatisme personnel rencontre le fanatisme de l'autre et qu'il s'y s'associe, ce mouvement peut "faire" groupe, s'organiser autour d'une doctrine, d'un enjeu de prise de pouvoir, et défendre une idéologie.
Le religieux est souvent le véhicule du fanatisme, pas sa fin. Les monothéismes, s'ancrent dans une histoire, une tradition plus ou moins perméable à la modernité, ils disent savoir ou réside la source de vie et légitimement veulent abreuver ceux qui pourraient avoir soif de vérité. Or, quelquefois, en prêchant la vérité unique, ils peuvent se retrouver en position de refuser la vérité de l'autre. Le pas n'est pas difficile à imaginer et en le faisant, cela peut les conduire au refus voire à la haine de l'autre ...
L'intégrisme quand il passe à l'acte devient fanatisme. À ce moment-là, c'est la violence qui devient l'élément fondateur du discours, des actes.
Et le fanatisme vint à l'homme ...
Vivre dans une guerre personnelle, dans une période et une localité ou règnent les conflits armés, ou les peuples sont opprimés, sur la défensive, vivent dans la misère, servi par une éducation qui obscurcit plutôt qu'elle n'éveille ... crée les conditions du fanatisme.
C'est la manière donc chacun va lire la loi de la vie, cette loi qu’il a apprise intuitivement, par mimétisme ou rébellion, dans son terreau social, que va naître l'appel à la joie et à l'amour ou bien celui qui mène à la destruction ... Entre dramatisation de la situation, diabolisation de l'autre et victimisation de soi ...
Dans cette diabolisation outrancière de l'autre, il n'y a plus aucun discernement, les certitudes doivent régner et l'ennemi est désigné.
Le sujet et l’objet
D'une relation de sujet à sujet, l'on passe à une guerre qui ne peut mettre l'autre qu'en position d'objet.
Je ne peux pas atteindre à la vie de l'autre en le prenant pour un sujet.
Je ne peux pas faire quelque chose d'un autre sujet.
Je peux faire quelque chose AVEC un sujet.
Nous faisons avec les autres, tant que nous les prenons pour des humains. Toute manipulation du sujet est une objetisation. Et c'est de cela qu'il est question ici.
Sur les plaines du fanatisme, j'objetise l'autre qui devient l’explication de mes problèmes, de mes soucis sur terre, de mes échecs, de ma mauvaise fortune, de mes maladies...
Quand nous pensons connaître la vérité de l'autre, sans connaître cet autre, que nous faisons quelque chose - de l'autre et de sa vérité - et que nous nous sentons avoir les mains libres et toute latitude pour agir comme bon nous semble, le passage à l'acte destructeur est possible.
Puisque le fanatisme se loge dans le cœur de l'homme, j'ai écrit ces mots en parlant de l'endroit en moi qui résonne de la sorte... Et vous, où réside votre fanatisme ?
Wadih Choueiri, coach professionnel et fondateur d'Identité créatrice
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