Vient une heure où l'on se dit que l'on n'est pas à sa place, que l'on mérite autre chose, que tout devrait être autrement, et que l'on ne devrait pas à ce point être interchangeables.
Mais malheureusement les gens sont aussi vite utilisés, souillés et abîmés que les vêtements. Aussi, après s'être bien servie d'eux, la société les met soit à la déchetterie publique, soit les place en quarantaine.
Depuis que je vis je me demande comment on peut être capable de supporter cela et pourquoi chaque homme cherche à faire sa place dans une société qui ne respecte aucunement l'être humain, qui le relègue au simple rang d'outil.
Un outil que l'on cherche à rendre conforme à certaines normes façonnées toujours par cette même société.
Dès lors il est impossible que tous nous puissions rentrer dans ces schèmes établis seulement pour une minorité et par une minorité. Comment alors peut-on être content de son sort et pourquoi vouloir à tout prix se conformer à ce que l'on a décidé de mettre en nous ?
L'individualité, qui est pourtant bien présente en chacun, devrait se sentir révoltée de ne pouvoir s'exprimer comme bon lui semble. Mais que nenni !
On veut plaire et s’enliser dans un engrenage qui ne nous ressemble absolument pas. On a peur de nous-même et de ce que l'on est, aussi est-il préférable pour nous de ressembler aux autres et de rentrer dans un moule qui n'est qu'un simulacre de réalité. Fait de faux semblants nous fonçons tête baissée dans ce carcan, et nous nous méprenons sur notre identité, sur ce que nous cherchons mais également sur ce qui peut nous rendre heureux.
Ôtons ces chaînes qui ne nous permettent que de stagner, réalisons les différentes parties et possibilités de notre être. Allons vers ce soleil que nous désirons tant atteindre.
Laissons-nous porter par les nuages et élevons nous jusqu'aux étoiles. Là-bas, si haut que plus aucune société emplie de contraintes ne puisse nous arrêter.
Volons loin, toujours plus haut, sans se brûler les ailes ni s'aveugler par la perfection que l'on trouve dans la vérité, où la seule réalité existe.
Eve Chellal
(Illustration: Jose Retamal)
à lire aussi
Analyse d'Habacuc - Ancien Testament. Petit prophète de la Bible
Exégèse du livre d'Habacuc, prophète du Premier Testament, selon Gaëtan Poisson et Pierre-André Bizien. Citations théologiques. Commentaire du livre d'Habacuc. La racine d'Habaquq
Quand l'historien Jacques Le Goff défend l'Eglise et le christianisme
Jacques Le Goff a défendu le christianisme et l'Eglise à plusieurs reprises, du moins sur certains points
Religions, laïcité et liberté d'expression - la voie royale
Le père Bernard Vignot revient sur les dérives officielles qui ont suivi les attentats de janvier 2015. La laïcité est-elle incorruptible?
La gauche caviardée: petite critique de la gauche telle qu'elle est devenue
La gauche politique a trahi ses valeurs intellectuelles. Elle s'est reniée dans le seul but de préserver ses privilèges symboliques face à la droite
Vous aimerez aussi
Penser l'attentat contre Charlie Hebdo
Retour sur l'attentat de Charlie Hebdo, ses prolongements terroristes, les réactions médiatiques, internationales et collectives qui ont suivi.
Nécrose du sens - Wadih Choueiri
Jusqu'où nous mènera le délire mécaniste des sociétés contemporaines?
Antoine Moussali face à l'islam - une théologie très sévère
Polémique islamo-chrétienne: le père Antoine Moussali a longuement critiqué l'islam et les musulmans. Ses arguments sont-ils valables?
Tariq Ramadan, les paroles subversives
Tariq Ramadan, théologien-prédicateur électrique. Au-delà des méandres de son discours, quelques traits émergent, coupants, subversifs. Méditons-les, quoi que l'on pense de la personnalité de leur auteur.


