Vient une heure où l'on se dit que l'on n'est pas à sa place, que l'on mérite autre chose, que tout devrait être autrement, et que l'on ne devrait pas à ce point être interchangeables.
Mais malheureusement les gens sont aussi vite utilisés, souillés et abîmés que les vêtements. Aussi, après s'être bien servie d'eux, la société les met soit à la déchetterie publique, soit les place en quarantaine.
Depuis que je vis je me demande comment on peut être capable de supporter cela et pourquoi chaque homme cherche à faire sa place dans une société qui ne respecte aucunement l'être humain, qui le relègue au simple rang d'outil.
Un outil que l'on cherche à rendre conforme à certaines normes façonnées toujours par cette même société.
Dès lors il est impossible que tous nous puissions rentrer dans ces schèmes établis seulement pour une minorité et par une minorité. Comment alors peut-on être content de son sort et pourquoi vouloir à tout prix se conformer à ce que l'on a décidé de mettre en nous ?
L'individualité, qui est pourtant bien présente en chacun, devrait se sentir révoltée de ne pouvoir s'exprimer comme bon lui semble. Mais que nenni !
On veut plaire et s’enliser dans un engrenage qui ne nous ressemble absolument pas. On a peur de nous-même et de ce que l'on est, aussi est-il préférable pour nous de ressembler aux autres et de rentrer dans un moule qui n'est qu'un simulacre de réalité. Fait de faux semblants nous fonçons tête baissée dans ce carcan, et nous nous méprenons sur notre identité, sur ce que nous cherchons mais également sur ce qui peut nous rendre heureux.
Ôtons ces chaînes qui ne nous permettent que de stagner, réalisons les différentes parties et possibilités de notre être. Allons vers ce soleil que nous désirons tant atteindre.
Laissons-nous porter par les nuages et élevons nous jusqu'aux étoiles. Là-bas, si haut que plus aucune société emplie de contraintes ne puisse nous arrêter.
Volons loin, toujours plus haut, sans se brûler les ailes ni s'aveugler par la perfection que l'on trouve dans la vérité, où la seule réalité existe.
Eve Chellal
(Illustration: Jose Retamal)
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