C'est une hypothèse décoiffante, ahurissante: certains hommes préhistoriques auraient-ils été en contact avec une forme initiale du christianisme? Un christianisme élémentaire, embryonnaire, enseigné à une date très reculée selon des modalités très primaires?
Naturellement, de telles perspectives prêtent à sourire. Cependant, il est vrai qu'en vertu du "Logos spermatikos" et de l'alliance noachique, la Bible laisse entendre que les semences du Verbe étaient présentes parmi les hommes bien avant l'arrivée des grands prophètes d'Israël.
La "Synkatabasis" (notion à partir de laquelle on conçoit que Dieu s'est révélé très progressivement en fonction de l'état d'avancement culturel des sociétés) implique la possibilité éventuelle d'un enseignement "pré-évangélique" et "pré-mosaïque" très ancien, dispensé auprès d'hommes qui précédèrent de très loin les Hébreux.
Dans le contexte de cette théorie, le grand évêque Massillon (1663-1742) soutenait que les premiers hommes adoraient le Dieu chrétien, avant que de fausses divinités ne prennent place. Si l'on suit cette hypothèse, cela induirait que Jésus aurait sans doute déjà prêché la Croix, ou du moins le martyr au nom du péché des autres hommes préhistoriques. Y avait-il douze apôtres Erectus? Un Judas Neanderthalien? Une Marie-Madeleine de Tautavel?
Au-delà du sourire, nous pouvons nous interroger sur ces énigmatiques semences du Verbe qu'évoque la Bible, les morceaux de Révélation qui précédèrent de très loin les Hébreux. L'archéologie nous offre régulièrement de nouveaux indices sur la vie intérieure des hommes préhistoriques...
Pierre-André Bizien
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