Flannery O'Connor. L'artiste catholique, pensées et réflexions

« Quand on me dit que je ne peux pas être une artiste parce que je suis catholique, je suis vouée à répliquer, non sans tristesse, que parce que je suis catholique, je ne peux précisément pas me permettre d’être rien de moins qu’artiste » (Flannery O’Connor, L’Eglise et le romancier, America, 30 mars 1957)


« C’est la conception sacramentelle que le catholicisme a de la vie qui étaye et nourrit à tout moment la vision du romancier s’il veut écrire des œuvres un peu profondes » (Flannery O’Connor, L’Eglise et le romancier, America, 30 mars 1957)


« L’art est révélation et la théologie ne peut plus feindre de l’ignorer » (Flannery O’Connor, Romancier et croyant, mars 1963)

 


 

« Le jour où, en 1832, Emerson jugea qu’il ne pouvait plus célébrer la Cène sous les espèces du pain et du vin, ce fut un grand pas franchi vers la dissolution de la foi en Amérique, et cette disposition d’esprit n’a cessé de s’exercer depuis. Quand s’opère la rupture entre le fait matériel et la réalité spirituelle, la dissolution de la foi est en définitive inéluctable » (Flannery O’Connor, Romancier et croyant, mars 1963)


« Le surnaturel est aujourd’hui une source de gêne, y compris pour beaucoup d’Eglises » (Flannery O’Connor, Romancier et croyant, mars 1963)


« Généralement le drame se fonde sur le péché originel, que l’auteur le conçoive ou non en termes de théologie. En outre, tout personnage de roman digne de ce nom est supposé porter un fardeau de significations qui le dépassent » (Flannery O’Connor, Romancier et croyant, mars 1963)


« Mais le romancier s’efforce aussi de nous communiquer, dans les limites de son récit, une expérience universelle de la nature humaine en tout temps. Pour cette raison, les plus grands drames impliquent naturellement la perte ou le salut de l’âme » (Flannery O’Connor, Romancier et croyant, mars 1963)

 


Ce qui différencie l’auteur catholique des autres auteurs, c’est qu’il prend le péché au sérieux, qu’il n’en fait pas la résultante de causes sociales mais plutôt d’une liberté, d’un choix individuel devant Dieu.


« Le Christ ne nous a pas rachetés par un acte d’intellectualité pure et simple, il s’est incarné sous la forme d’un homme et nous parle depuis lors par l’entremise d’une Eglise visible » (Flannery O’Connor, Les romanciers catholiques et leurs lecteurs)


« Le souci essentiel du romancier demeure le mystère tel qu’il s’incarne dans la vie des hommes » (Flannery O’Connor, Les romanciers catholiques et leurs lecteurs)

 


« Ce n’est pas parce que le dogme chrétien est fixé que tout ce que l’écrivain voit dans le monde est fixé. Au contraire, le dogme est un instrument de pénétration du réel » (Flannery O’Connor, Les romanciers catholiques et leurs lecteurs)


« Le don de prophétie, qui relève de l’imagination et non de la conscience morale, n’est pas nécessairement lié à la prédiction de l’avenir. Le prophète est un réaliste des lointains, et c’est ce réalisme-là qui pour beaucoup fait les grandes œuvres romanesques. Réalisme qui n’hésite jamais à distordre les apparences pour révéler une vérité cachée » (Flannery O’Connor, Les romanciers catholiques et leurs lecteurs)


« Quand il ferme les yeux pour s’efforcer de voir par ceux de son Eglise, le romancier catholique n’aboutit qu’à grossir le nombre de pieuses niaiseries qui, depuis si longtemps, ont établi notre réputation » (Flannery O’Connor, Les romanciers catholiques et leurs lecteurs)


« Le Seigneur ne parle pas au romancier comme il le fit à son serviteur Moïse, de bouche à bouche. Il lui parle comme à ces deux autres plaignants, Aaron et Marie, sœur d’Aaron, en visions et en songes, par échappées, dans les limites et par les moindres voies de l’imagination » (Flannery O’Connor, Les romanciers catholiques et leurs lecteurs)


« Quand ils découvrent en ouvrant un roman la présence d’une jambe ou d’un bras, de nombreux catholiques referment pieusement le livre » (Flannery O’Connor, Les romanciers catholiques et leurs lecteurs)


« L’art ne se prête pas au désir que l’on a de le démocratiser ; il ne s’adresse qu’à ceux qui consentent à fournir l’effort de le comprendre » (Flannery O’Connor, Les romanciers catholiques et leurs lecteurs)


« L’ignorance est excusable chez ceux qui la portent comme une croix. Chez ceux qui s’indignent et la manient comme une hache, au nom de la morale, c’est une autre affaire» (Flannery O’Connor, Les romanciers catholiques et leurs lecteurs) 

 

 

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