Pédophilie - crimes dans l'Eglise, responsabilités médiatiques

 

Au cours des années 70, le journal Libération promeut la pédophilie à plusieurs reprises, arguant qu'il faut combattre le moralisme des réactionnaires. Nous sommes alors en pleine révolution sexuelle. Le 20 juin 1981, ses colonnes accueillent le témoignage d’un homme expliquant avoir pratiqué un cunnilingus sur le corps d’une petite fille de 5 ans. Deux ans plus tôt, en janvier 1979, Libération publie la tribune d’un délinquant sexuel vantant la « sodomisation » des enfants. Ces témoignages baignent dans une atmosphère d’enthousiasme guilleret. Plus largement, c’est toute une presse marquée à gauche qui lutte alors pour une sexualité libertaire, et contre la vieille morale des curés.

 

Cette gauche-là n’a certes pas inventé la pédophilie ; elle a "simplement" souhaité la rendre licite, la dépénaliser, ce qui est lourd. Très lourd. De nombreux intellectuels de l’époque se sont plus ou moins gravement compromis dans ce crime : Michel Foucault, Jean-Paul Sartre, Aragon, Derrida… Naturellement, aujourd’hui, la responsabilité morale de tous ces gens est cachée derrière l’épouvantail d’une Eglise que l’on accuse, perversité suprême, d’être rongée par une déviance que l’on a soi-même voulu légaliser quelques décennies plus tôt. Ce crime moral se joue donc aujourd’hui à fronts renversés; la société civile, désinformée par les flûtistes du PAF, a docilement communié au tour de passe-passe. 

 

L'Eglise catholique, coupable trop idéale

 


Pour saisir l'ampleur inouïe du crime pédophile en Occident, il ne faut pas se figurer qu'il se limite à l'échelon individuel, mais comprendre qu'il relève de la toise générationnelle et civilisationnelle. Les scandales qui rongent l’Eglise actuelle résultent pour la plupart du climat criminel de l'époque yéyé, lequel avait contaminé bien des prêtres dits "progressistes". Des milliers d’enfants, jeunes scouts, garçons et filles, firent l'expérience d'un catéchisme revisité, trahi par les instincts maniaques d'adultes au sourire sympathique.

 

Du fait de sa structure hyper-arborescente, l’appareil catholique se retrouva intégralement contaminé par les oeuvres de ses brebis galeuses, qui utilisèrent sournoisement le secret de la confession pour se couvrir et impliquer la hiérarchie:

 

"si je tombe, vous tomberez tous avec moi... parce que vous n'avez pas le droit de trahir le secret de la confession" (sur un ton de componction sirupeuse)

 

La menace subliminale, sordide, a si bien placé la lame sous la gorge de l'Eglise, que la gorge fut tranchée. Otage bernée, l'Institution paie, et l'affaire arrange tout le monde. De plus, et c'est le pire des dilemmes, si les familles ne portent pas plainte, faut-il prendre le risque de le faire à leur place en saisissant la justice, et ainsi contraindre les victimes honteuses à se révéler au grand jour? Quid, en conséquence, du risque de suicide des intéressés, que l'on imputerait forcément à l'Eglise? 

 

Ces questions se sont toujours posées, et l'on ne saurait faire l'impasse sur ces réalités pour saisir tout le relief impliqué. On se croit naturellement tous vertueux face au sujet, et l'on s'étonne naïvement du manque d'humanité de l'Eglise. Cette Eglise a naturellement très mal géré la situation pendant des décennies, bien entendu, mais faire mine de ne pas voir la complexité du problème relève de la malhonnêteté caractérisée. Les ricanements de deux petits chroniqueurs de France Culture, le 16 mars 2016, sont ici très éclairants. 

 

Des chaînes de responsabilités sont benoîtement établies par ces mêmes médias qui, hier encore, fustigeaient l’Eglise d’imposer une morale, et d’entraver la sexualité pour tous. Une courte séquence du film Spotlight induit d’ailleurs, sur un ton subliminal, toute l’ironie du fait : que ce soit la presse qui dénonce la pédophilie dans l’Eglise… Il faut naturellement aller plus loin, révéler le coeur du sinistre... ce qui passe d'ailleurs par un travail de transparence : le 24 mars 2010, la revue chrétienne dissidente Golias fait ses calculs, et déclare ceci:

 

 

La dangerosité d’un clerc est de 10 à 34 fois supérieure à celle d’un simple laïc, selon le pays concerné"

 

 

Exacts ou exagérés, ces chiffres démontrent, précisément, que le ravage pédophile ecclésiastique s'origine en dehors-même de son corps: que l'incubation du mal dans son organisme débile, non immunisé, s'est soldée par une gangrène foudroyante, pire que partout ailleurs du fait même de son éloignement génétique face au mal. C'est là tout le paradoxe, jamais relevé dans la presse, et pourtant si évident. Face au problème pédophile, l'Eglise fait donc n'importe quoi, parce qu'elle n'y comprend rien.   

 


Le comble de l’indécence médiatique  culmine en avril 2016, lorsque l’on reproche à un évêque (Mgr Lalanne), d’avoir hésité à qualifier de "péché" tous les actes pédophiles (certains, pour le prélat, relevant de la maladie plutôt que de la perversité pure). L’Eglise enjointe par la presse de recourir au terme "péché", ce terme-même que la gauche n’a cessé de combattre en arguant que la nature ne le connaît pas, qu’il n’existe pas de "pécheurs"… ceci dans la foulée de la crise Williamson, lors de laquelle cette même gauche attaqua le pape pour qu’il maintienne "excommuniés" certains évêques renégats.

 

Soyons lucides, et ne restons pas à languir à la surface des problèmes : la compromission médiatique sur la question pédophile est vertigineuse. Elle a ceci de sordide qu’on cherche à se disculper collectivement sur le dos d’une Eglise qui n’a failli, au fond, que lorsqu’elle céda à ces sirènes laïques, celles qui l'ont priée de cesser de moraliser, de dénoncer, de juger, de parler de "péché". On en viendrait presque à regretter le temps où le soupçon clérical faisait loi jusqu'au ridicule:

 

 

Le vieux garçon est à la vertu sociale ce que le chien enragé est à la santé publique» (Abbé Bolo, Les mariages écrits au ciel, 1892) 

 

 

 

La gauche s'exonère de sa responsabilité originelle

 

 

Le spectacle pénible de Mgr Lalanne, sur I-télé le 6 avril 2016, revenant sur sa parole d’une voix tremblante en qualifiant de "péché" l’acte pédophile, ceci pour complaire à la sphère journalistique, voilà qui sentait la farce triste. Les crimes DANS l’Eglise ne sont pas les crimes DE l’Eglise. Surtout, les prêtres criminels qui se sont adonnés à l’acte pédophile ont agi en opposition frontale à la morale de l’Eglise, cette morale que la gauche médiatico-intellectuelle n’a eu de cesse de tourner en dérision. Comment se réclamer d'elle, sans honte, aujourd'hui? J'appartiens à une génération qui aime la liberté et refuse l'intolérance, au sens philosophique du terme.

 

Sans aimer la droite, dont il est trop aisé de cerner l'égoïsme foncier, je ne peux encore moins m'identifier à la gauche, cette gauche qui milita jadis volontairement en faveur de la pédophilie (cf, entre mille exemples, la lettre ouverte publiée dans Le Monde le 26 janvier 1977, contestant le procès de pédophiles ayant eu des rapports sexuels avec des enfants de 13 et 14 ans. Cette lettre fut notamment signée par Françoise Dolto, des psychanalystes, des philosophes et de nombreuses personnalités de gauche).

 

 

Conclure au plus triste

 


Le crime pédophile est une gangrène qui pompe son venin dans la perversité amorale. Cette perversité prospère dans les cerveaux de nombreux maniaques anonymes, qu’ils soient prêtres ou laïcs. Les ravages psychiques constatés résultent pour partie de la ringardisation de la question morale, réclamée depuis des décennies par cette gauche qui nie aujourd'hui son héritage. L’éducateur sympa des années 70 en sous-pull, le militant du jouir-annal et du fist-fucking acrobatique, autant de figures dont les menées auront fait exploser le mal. Haro donc sur la soutane : déracinons la branche, et ménageons le tronc.

 

Le messianisme pansexuel et pédophile de la gauche d'après-guerre s'est aujourd'hui recyclé dans d'autres luttes: le genre, la déconstruction de l'identité sexuelle, le mariage gay et la criminalisation de l'Eglise rappelant la complémentarité naturelle de l'homme et de la femme, la vente de bébés pour riches occidentaux par le biais de la location du ventre de femmes pauvres du Tiers-Monde, l'avortement extensif cachant le fait qu'en traversant une frontière on devient légalement un être humain ou bien l'on perd cette qualité... A considérer d'un peu près les choses, je préfère tenter d'être un citoyen du monde ouvert, anti-raciste et tolérant sans me souiller d'un label si trompeur: la gauche.  

 

Pierre-André Bizien

 


 

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