Overglose

 

Le 3 mars 1960, Sartre déclarait tout fier à l’Express :


« Je ne suis pas sûr que la notion de justice soit indispensable à la société. Je suppose qu’elle vient elle-même d’une vieille couche théologique »


Si la philosophie est bien l’art de remettre en cause les évidences, abstenons-nous de jeter la pierre à Jean-Paul…  Hyper-philosophisme ? Accès de nudisme intellectuel ? On s’interroge, goutte à la tempe : et si nos vaches sacrées d’hier n’étaient plus si bonnes à traire ? Aron, le faux-con de droite, nous avait prévenus.


Le bigotisme politique… que d’âmes envoûtées, de psautiers récités… On vénère religieusement les types les plus compromis, les plus ravagés par la bêtise. On se laisse malaxer le cerveau par l’aire du temps, on communie dans la haine de ceux qui divergent. Bien que nécessaire, la politique est une gigantesque foire au narcissisme. Il faut se positionner, prendre la pose, faire statue pour la postérité.


Et si l’idolâtrie était un concept à désincarcérer de la Bible ? Idolâtrie des grandes figures, des grandes postures qui en imposent… Idolâtrie du charabia éthico-politique. Des grandes envolées verbales qui appellent à la détestation des indécis, de ceux qui hésitent à communier spontanément aux grands discours de l’évidence… oui, vous savez, les « phobes » à toutes les sauces. Règne des petits mots assassins, des tournures homicides. Empire de l’overglose…


Cheguevarisme de salon, fausses attitudes de grands résistants, torses bombés d’esprits plombés. Droite, gauche… Deux mots qui n’ont pas 300 ans, et que l’on se figure éternels. Veaux d’or sémantiques, qu’on invoque en bêlant, que l’on entoure de saints subalternes. Saint Sartre, Saint Chavez… Saint Sarko, Saint Rioufol… Donnez-nous notre sang de ce jour.
Migraine métaphysique… Ni de gauche, ni de droite… et pourquoi pas ! Au fond, l’attitude politique, n’est-ce pas le fait de biaiser pour berner les pisteurs ?


Ni de droite ni de gauche ? -  beuglera-t-on bien sagement - c’est forcément le signe de l’extrême droite, du fascisme métallique, de la haine embusquée ! …


Fable hystérique, que l’on nous fait avaler tous petits pour nous faire peur. Gargamel est partout, et les schtroumpfs sont en danger. Sauve qui peut, il va nous manger tout crus. Soyons sérieux. 


Oui, la politique est nécessaire, mais ses clivages n’ont rien d’inné. Les démarcations n’ont rien de bétonné, sinon dans les consciences des esprits clos. Gauche antiraciste ? Droite réaliste ? Mythologies contemporaines, contes pour enfants  hystériques. Bonne nuit les petits, comme disait l’autre. Big dédicace Raymond ! 


Pierre-André Bizien
 

 


 

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