Israël et Palestine se déchirent depuis trop longtemps. Comment développer sur un tel sujet sans glisser dans les stéréotypes les plus grossiers? Le fait est clair: il est quasiment impossible d'analyser ce conflit avec pertinence, sans être immédiatement soupçonné de parti-pris implicite. Ici, l'émotion englue les rouages de la raison, bloquant tout développement un tant soit peu productif. Le conflit israélo-palestinien est précisément tragique, au sens classique du terme: la trame contextuelle semble inextricable, de quelque côté qu'on l'aborde. La justice a perdu les plateaux de sa balance, et les horreurs sombrent dans le vide cognitif. L'équité, la mesure et l'humain se désagrègent à mesure que le conflit s'enlise, que les haines s'entrelacent et s'imbriquent. La pensée perd pied dans les effluves sanglantes du quotidien.
Ce qui est certain, c'est que le drame résulte en partie de la situation de face à face binaire imposée par l'histoire. Un troisième acteur fondamental manque sur les rives du Jourdain. La diplomatie occidentale est quant-à-elle impuissante: elle n'apporte aucune solution, car elle ne produit plus de sens. Les alternatives, forcément existantes, sont invisibles, car nous sommes figés dans l'effroi, le scandale et la stupeur. L'humanitaire est notre premier réflexe, mais il n'est pas prospectif. Il ne solutionne pas. Il se contente de limiter les dégâts. Comment sortir de l'impasse? Envisager des fédérations de cités pour dépasser le schéma "deux Etats sur une terre"? Déplacer le territoire d'Israël? Faire administrer les lieux par une structure mondialisée? Imaginer un troisième Etat, chrétien, qui séparerait les deux territoires?
Au-delà de la tragédie, le conflit israélo-palestinien est un défi pour la conscience et l'intelligence humaine. Nous devons le relever en osant quitter nos certitudes ronronnantes, nous délester de nos chauvinismes identitaires. Nous devons oser puiser dans les ressources d'un imaginaire inspiré, rendre l'utopie réaliste... comme ont su le faire les anciennes générations à toute époque.
Pour l'heure, il nous faut surtout dénoncer l'enseignement de la haine, le patamodelage identitaire, la contamination des esprits vierges par les obsessions rassies des générations adultes. La transmission de la haine. En Israël comme en Palestine.
Côté palestinien, cet enseignement propagandiste passe par des programmes télévisés pour enfants:
Ces programmes pour enfants ne se contentent pas d'aborder la thématique de l'occupation et des juifs. Ils vont jusqu'à enseigner aux enfants la volonté de rétablir Al Andalus, en reconquérant une partie de l'Europe. Il serait donc malhonnête d'expliquer ces programmes par la simple pression d'une occupation mutilante. Le fond est plus inquiétant. L'idéologie est clairement offensive:
De son côté, l'Etat d'Israël ne néglige pas non plus d'initier ludiquement ses enfants aux "machine gun" et aux "grenades":
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