Harcèlement scolaire. Solution directe, chiffres, témoignages, violences

 

Une solution imparable existe contre le harcèlement scolaire. Le problème, c’est qu’elle doit impérativement passer par l’élève victime en question. Après quelques chiffres, j’évoquerai très concrètement cette solution, avec exemples pratiques à l’appui. La violence scolaire n’est pas une fatalité, elle offre paradoxalement l’occasion de se vacciner contre la chiennerie humaine.

 


Combien de cas de harcèlement scolaire grave impunis ? Quelle réponse judiciaire ? En 2014, Valérie Trierweiller a arraché 12000€ de dommages et intérêts parce que le journal Closer a diffusé des photos d’elle… en maillot de bain. On mesure l’écart symbolique avec le problème qui nous concerne. Albert Camus nous avertissait :

 


« Toute pensée se juge à ce qu’elle sait tirer de la souffrance » (Carnets, 1943)

 


Non qu’il soit enviable d’endurer les sévices de ses exacteurs, la question n’est pas là ; ce qui est nécessaire, c’est de ne pas contourner le problème du harcèlement scolaire mais de le vaincre. Si ce combat est remporté par l’enfant lui-même, et cela arrive, alors sa qualité humaine en sera profondément rehaussée. Le harcèlement scolaire vous "offre" l’occasion de devenir une personnalité d’exception.

 

En revanche, il faut réagir tout de suite, car il peut déboucher sur des drames : aux Etats-Unis un enfant de 8 ans s’est suicidé par pendaison en janvier 2017. Il s’appelait Gabriel. En octobre 2017, Thomas, un jeune Belge de 17 ans, s’est suicidé à son tour à cause du harcèlement scolaire. Le 14 octobre 2015, à seulement 11 ans, Diego s’était tué pour des raisons analogues en Espagne.

 

 

Chiffres 

 


-Baisse du harcèlement scolaire de 15% en France, de 2010 à 2014. (Enquête HSBC)


-20% des collégiennes et lycéennes en Île de-France insultées sur internet en raison de leur apparence physique, contre 13% pour les garçons. (Ouiep, 2016)


-Près de 800 000 personnes se suicident chaque année dans le monde (OMS, 2012), soit l’équivalent approximatif de la population entière de Marseille.


-Près de 10 000 personnes se suicident chaque année en France, surtout des hommes.


-Près de 27 suicides par jour en France.


-« 14 % des élèves du primaire, 12 % des collégiens, 2 à 3 % des lycéens se déclarent harcelés. Les garçons le sont plus fréquemment physiquement, quand les filles sont plus exposées au cyber-harcèlement, en particulier au collège. Ce chiffre revient à dire que 1 élève sur 10 est concerné, mais 5 % de la population scolaire est sévèrement et très sévèrement harcelée.» (André Canvel, délégué ministériel chargé de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire, Le Monde, 9 nov. 2017)


-7 % des collégiens et des lycéens affirment être harcelés sexuellement (Le Monde, 9 nov. 2017)

 

 

Méthode contre le harcèlement scolaire

 

 

Les solutions sont diverses, mais la première passe par le changement de comportement de la victime. Affirmé ainsi, cela paraît très violent, mais il ne faut pas se raconter d’histoires. La cruauté des enfants en milieu scolaire ne cessera pas d’un coup de baguette magique gouvernementale ou par des mesures venues d’associations (aussi utiles soient-elles par ailleurs).
Il faut absolument que ce soit à l’enfant de réagir en premier lieu.

 

Disons les choses : c’est généralement le déficit de repartie qui précipite les moqueries et les brimades, qui fait de votre quotidien scolaire un enfer. A l’école, c’est la jungle. Les adultes se composent souvent un air de bienveillance pour éviter de se mêler de ces problèmes. Les parents, eux, sont en-dehors de l’enceinte. L’élève doit donc se débrouiller sur place en direct. Le premier impératif : REAGIR. A chaque fois, systématiquement. Non pas en sautant à la gorge d’autrui, mais en se faisant respecter. Seul véritable moyen dans le fond. Se faire respecter, c’est déjà apprendre à s’estimer réellement.


Être responsable, étymologiquement, c’est être une réponse face à l’autre. Ne pas répondre, c’est donc précisément refuser d’être responsable. A ce sujet, une certaine déformation de l’éthique chrétienne fait des ravages : ignore-le… tends l’autre joue… Non, tendre l’autre joue, dans l’Evangile, c’est le faire par défi : c’est véritablement répondre. Tandis que tendre l’autre joue par crainte de réagir, c’est tout l’inverse.


Comment répondre ? Commencer par mémoriser quelques petites phrases bien senties adaptables à plusieurs situations. Observez la façon dont les copains qui se font respecter se comportent. Prenez ce qu'il y a à prendre, sans transposer directement. Ne pas se laisser taper dessus. JAMAIS. Réagir de manière proportionnée et intelligente, TOUJOURS. La violence ne peut rien contre l’intelligence acérée. C’est passionnant, c’est une histoire de stratégie. Le but est de faire honte au harceleur pour lui éviter de recommencer, et calmer les velléités des spectateurs alentour. Ce qui est potentiellement réconfortant, c’est que si vous êtes une victime potentielle, les victoires sur ce front décupleront symétriquement votre popularité.


Ce qui est le plus efficace, c’est la "tchatche". On fait tout pour passer outre, et on perd un temps fou. Inscrivez votre gosse au théâtre, exposez-le un minimum, obligez-le à se créer de la repartie. Ce n’est pas sorcier, il suffit souvent d’apprendre quelques formules mécaniques et de les répéter régulièrement pour qu’elles viennent naturellement en situation.

 


Exemples possibles de réponses face à une provocation 

 


-Tu vas faire quoi ?
-Ca dépend de toi

 

-Bouffon
-Attention, tu baves

 

-Boloss
-Ya un souci ? On peut t’aider ?

 

-Sale bourge
-T’as de la peine ? Tu veux un mouchoir ?

 

-Tu fais pitié
-T’as vu ta mère ?

 

-espèce de nain
-J’suis petit ? Toi t’es bas... / entre nous, j’préfère mon cas

 

-Espèce de gros porc
-c’est le nom de ton père, ça, non ?

 

[Réagir au harcèlement scolaire: la thérapie scripturale]

 

Et ainsi de suite… Il faut savoir qu’il n’existe pas de réponse plus dérangeante qu’une question en retour. La repartie efficace passe souvent par une question qui rompt le rythme impulsé par l’attaque, et change surtout le contexte (c’est le harceleur qui se retrouve obligé de se justifier). Il s’agit d’un uppercut dialectique de premier ordre. Veiller à être un homme d’honneur, distinguer en soi l’honneur de la fierté.


Autre technique utile, lorsque vous êtes en panne d’inspiration devant une insulte : mettez délicatement le doigt sur les lèvres, prenez un air navré, et faites Chhhhhut tout doucement. Ca énervera, ça vous vaudra peut-être une claque (ne laissez pas faire), mais recommencez systématiquement (variez tout de même de temps en temps avec des « on peut t’aider ? », etc).

 

Dès le début de l’année, la classe cherche quelqu’un à embêter, voire à harceler. On est en quête de la tête de turc qui va fédérer le groupe. Il faut donc réagir tout de suite, sinon la gangrène prend très vite, et les choses deviennent alors beaucoup plus compliquées.


Manque de repartie ? Détourner l’attention sur un défaut de l’agresseur. Pour ce faire, il faut bien observer tous ses camarades de classe et, concernant les chahuteurs, repérer les défauts qu’ils ont à la cuirasse. Non pour se moquer d’eux soi-même, mais pour avoir quelque chose à dire tout de suite et "sur-mesure" dès que les premiers ricanements viendront. AN-TI-CI-PEZ.

 

 


Exemples 

 


-Jean-François vous traite de "triso", mais lui-même est habillé comme un plouc. La réponse tournera autour de ce point faible : « merde, tes fringues… tu sais, c’est bientôt les soldes. On peut t’accompagner si tu veux ».


-Rachid prétend que vous êtes une "fiotte". Lui-même est un peu fluet. Répondez-lui : « Tu dis ça pour compenser ? Regarde-toi mec »


-Enzo se fout de votre gueule à répétition, malheureusement il est gros. Qualifiez-le de bizon, SYSTEMATIQUEMENT. Devant ses potes, il évitera de vous emmerder par peur qu’on le renvoie à sa disgrâce physique devant témoins. Variez donc les plaisirs. « Merde, attend, t’a encore grossi ? ». Il faut que ça tourne autour du point faible de la personne, c’est capital…

 

 

Témoignages de personnes harcelées

 

 

Ce qui revient souvent, c’est le fait que les victimes de harcèlement scolaire soient des enfants plus sensibles que les autres. Ils sont assez souvent rêveurs, singuliers, de tempérament aimable ; il s’agit du prototype de la victime chez les enfants. La cruauté qui a cours en milieu scolaire est implacable, elle semble intimider jusqu’au personnel scolaire : ces adultes indignes qui détournent les yeux sont particulièrement nombreux. Ils vivent avec leur honte comme au milieu de leurs déjections, devenant très agressifs s’ils viennent à être mis en cause pour ne pas avoir réagi en temps voulu. Généralement, c’est l’association de leur lâcheté avec la cruauté primale de nombreux enfants en groupe qui sédimente et crée la situation de harcèlement scolaire. René Girard a exploré la notion de bouc-émissaire dans les sociétés, sans peut-être avoir pris toute la mesure du phénomène lorsqu'il sévit en milieu scolaire. Ci-dessous, quelques témoignages concrets. Les situations varient, comme pour Marie, qui se faisait appeler « poubelle » au collège ; le fils d’Isabelle, lui, a une tête de forme ovoïde, il se fait donc appeler « tête de tic tac ».


-Une jeune fille anonyme : « Le harcèlement que j'ai subi était silencieux. Je n'étais pas acceptée dans les groupes, ignorée en sport, on ricanait dès que je parlais, des gens de classes supérieures qui me croisaient dans les couloirs m'insultaient alors que je ne savais même pas de qui il s'agissait. J'ai manqué pas mal de cours à cause de maux de ventres chroniques causé par le stress, et je me suis cachée au monde autant que possible en tentant de devenir invisible. J'ai été sauvée par mon amie, et par mon côté un peu artiste qui m'a empêché de détruire toute l'originalité qu'il y avait en moi. » (temoignages.francetv.fr)

 


-Alice : « Les filles de ma classe me mettaient à l'écart, m'insultaient, me mettaient des choses répugnantes dans les cheveux. Les professeurs et le directeur n'ont jamais réagi. Je ne voulais plus allez au collège, c'est comme ça que mes parents ont découvert que ça n'allait pas. A la fin de ma 4 ème j'ai changé de collège. En entrant en seconde, j'ai revécue le même calvaire, j'ai été obligée de me déscolariser, en milieu d'année. Actuellement je suis des cours à distance, il est impossible pour moi de retourner dans une enceinte scolaire. » (temoignages.francetv.fr)

 

-Caterina, (scolarisée dans les années 80) : « Certains professeurs en rajoutaient (inconscients ou stupides ?) et riaient avec elles !!! Si bien que je participais de moins en moins en classe, avec des retombées sur mes notes, dans mes bulletins. Puis ça a été les vols dans mon cartable, pendant que j'étais au cours de gym. Elles volaient mes chaussures et les jetaient sur le toit du réfectoire, collaient du chewing-gum dans mes vêtements, y versaient une bouteille entière de parfum écoeurant, y dissimulaient une serviette hygiénique imbibée d'encre rouge. Elles m'ont un jour volé un stylo que ma maman m'avait offert pour mon anniversaire, puis, pendant le cours suivant, elles me le montraient, narguantes , en soufflant : "Pleure, allez, pleure !" Une autre demandait : "Alors, est-ce qu'elle pleure ?" - "Non, mais presque, ça brille." Je n'oublierais jamais ces mots. Quand, la rage au ventre, j'ai osé me révolter, criant : "C'est mon stylo !", c'est moi que le professeur à envoyée chez la préfète ! Ma harceleuse a nié, bien sûr, et gardé le stylo. On m'a envoyée au centre Psycho-Médico Social, où une "assistante sociale" a commencé à me montrer des taches d'encre, me demandant ce que je voyais ! Je me suis sentie prise pour une malade mentale. Je n'y ai plus jamais remis les pieds. Ce n'était pas moi qui avais un problème de comportement, (…) » (ibid)

 

 

Pour aller plus loin

 

Non au harcèlement

 

Harcèlement scolaire, Le Monde

 

Huffpost

 

 

 


 

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